La Douane Se Renforce Dans Le Contrôle Des Organismes Génétiquement Modifiés

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La Douane joue un rôle central dans le contrôle des produits entrant sur le territoire sénégalais, notamment les denrées alimentaires importées. Pour mieux faire face aux enjeux liés aux organismes génétiquement modifiés (OGM), ses agents bénéficient d’une formation sur la biosécurité, les biotechnologies modernes et les méthodes de détection des produits issus de ces technologies.

Pour le professeur Alioune Ndiaye, directeur exécutif de l’Autorité nationale de biosécurité, cette formation répond à un besoin important de renforcement des capacités des agents des Douanes.

« La Douane joue un rôle extrêmement important pour bien contrôler l’entrée des produits au niveau des frontières », explique-t-il.

Le Sénégal important une quantité importante de produits alimentaires issus de l’agriculture, les agents des Douanes constituent, selon lui, une première ligne de contrôle. Leur mission consiste notamment à vérifier la nature des produits importés et à déterminer s’ils sont susceptibles d’avoir un impact sur la santé humaine, animale ou sur l’environnement.

La formation vise notamment à familiariser les agents avec les outils permettant d’identifier les produits susceptibles de contenir des OGM.

Selon le professeur Alioune Ndiaye, plusieurs méthodes peuvent être utilisées. Les agents peuvent, dans un premier temps, exploiter les informations disponibles sur les produits, notamment leurs codes-barres. En cas de suspicion, ils peuvent également avoir recours à des tests rapides permettant d’obtenir une première indication.

« C’est juste comme des tests de grossesse. Tout de suite, ils peuvent faire le test et dire : oui, c’est un OGM ou non », explique le directeur exécutif de l’Autorité nationale de biosécurité.

Lorsque des analyses plus approfondies sont nécessaires, des prélèvements peuvent être effectués puis transmis à un laboratoire spécialisé. Ces analyses permettent alors d’aller plus loin dans l’identification de la modification génétique et de déterminer précisément la construction génétique présente dans le produit.

En effet, certains produits importés peuvent faire l’objet d’une attention particulière. Le professeur Alioune Ndiaye cite notamment le cas du maïs, dont le Sénégal importe d’importantes quantités en provenance de pays producteurs d’OGM.

« Quand vous prenez l’exemple du Sénégal, nous importons beaucoup de maïs. Et ces maïs-là proviennent de beaucoup de pays qui sont champions dans la production d’OGM. Vous avez le Brésil, vous avez l’Argentine, vous avez d’autres pays », souligne-t-il.

Le maïs constitue ainsi, selon lui, l’un des produits pouvant être ciblés dans le cadre des contrôles afin de déterminer si les cargaisons importées contiennent ou non des OGM.

La Douane en première ligne aux frontières

Du côté de l’administration douanière, le lieutenant-colonel Baba Dieye, chef du bureau de la surveillance du territoire douanier à la Direction des opérations douanières, insiste sur la position stratégique de la Douane dans le contrôle des flux transfrontaliers.

« La Douane est en première ligne au niveau des frontières et contrôle principalement les produits qui entrent ou qui sortent du territoire douanier », rappelle-t-il.

Dans ce contexte, le renforcement des capacités des agents apparaît nécessaire pour leur permettre d’identifier les cargaisons susceptibles de contenir des OGM et de vérifier si celles-ci disposent des autorisations nécessaires pour entrer sur le territoire sénégalais.

Le lieutenant-colonel Baba Dieye souligne que les OGM ne sont pas systématiquement interdits. Ils font toutefois l’objet d’un contrôle en raison des risques potentiels qui peuvent leur être associés.

« Les OGM ne sont pas forcément interdits, mais peuvent être source de danger. C’est pourquoi ils sont contrôlés », précise-t-il.

Une collaboration entre les Douanes et l’Autorité nationale de biosécurité

La formation traduit ainsi la volonté de renforcer la collaboration entre l’administration douanière et l’Autorité nationale de biosécurité. L’objectif est de permettre aux agents intervenant aux frontières de mieux identifier les produits concernés et, lorsque cela est nécessaire, de solliciter l’expertise scientifique pour des analyses plus poussées.

Pour le lieutenant-colonel Baba Dieye, ce dispositif doit permettre de mieux contrôler les produits susceptibles d’entrer sur le territoire sénégalais et d’éviter qu’ils ne soient utilisés sans les autorisations requises, notamment dans l’agriculture ou dans le secteur sanitaire.

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