Diomaye Faye Sur RFI/France 24 : Hauteur d’État, Diplomatie Et Zones D’ombre Economiques Selon Mamoudou Ibra Kane

0

L’entretien accordé depuis New York par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, aux médias français RFI et France 24 continue d’alimenter le débat politique au Sénégal. Dans une note d’analyse, le journaliste et président du mouvement Demain c’est maintenant, Mamoudou Ibra Kane, livre un diagnostic nuancé mais précis de cette sortie présidentielle.

​Pour l’analyste, cet échange reste « un entretien globalement bon », révélant un chef de l’État fermement ancré dans « la Constitution, les institutions, la République et l’État comme bréviaire ».

​Dès l’entame de son propos, dans un texte parvenu à Seneweb, le leader de Demain c’est maintenant salue la hauteur institutionnelle affichée par le chef de l’État. Face aux critiques de son propre camp à la suite de la séparation d’avec son Premier ministre — un acte motivé par une « rupture de confiance » —, le président Faye réaffirme le sens de sa mission : « Le président Bassirou Diomaye Faye oppose la fidélité à son serment devant Dieu et le peuple, et non devant Pastef », relève Mamoudou Ibra Kane.

​Sur le plan international, le soutien appuyé apporté à la candidature de son prédécesseur Macky Sall à un poste international est qualifié de « vraie masterclass ». Selon M. Kane, la « tradition diplomatique est pleinement respectée par le président Bassirou Diomaye Faye », démontrant la grandeur de la diplomatie sénégalaise, même si ce dernier adopte une posture de prudence sur les dossiers sous-régionaux.

​Sur les sujets sociétaux, notamment la question de l’homosexualité, Mamoudou Ibra Kane souligne « une réponse nette, sèche et ferme qui empêche toute possibilité de relance », estimant qu’« une telle réponse condamne au silence ».

​Zone d’ombre sur les locales et le calendrier électoral

​Toutefois, le tableau brossé par le journaliste expose plusieurs fragilités. Mamoudou Ibra Kane pointe un « flou artistique présidentiel » concernant la dissolution de l’Assemblée nationale, le chef de l’État se contentant de donner rendez-vous au 2 décembre.

​Plus critique encore, il juge l’argumentaire relatif au calendrier des élections locales particulièrement fragile. Confronté à un président « moins catégorique que son Premier ministre par rapport à la date du 17 janvier 2027 », Kane y voit un renvoi aux calendes grecques et fustige « l’argumentaire le plus fragile de l’interview ». Il rappelle fermement que la tenue d’un scrutin ne doit pas dépendre du seul bon vouloir du pouvoir exécutif, invitant à garder en mémoire les péripéties de février-mars 2024.

​Vie chère et énergie : le « chaînon manquant » de l’échange

​Sur le front socio-économique et dans le cadre des négociations avec le FMI, le président s’est appuyé sur ses mesures sociales, notamment le rehaussement des bourses de sécurité familiale et les recrutements dans la santé et l’éducation, écartant toute logique d’austérité. Cependant, l’analyste regrette l’absence de réponses concrètes sur d’autres urgences du quotidien : « Quid de la vie chère et du retour des coupures de courant ? Qu’en sera-t-il des subventions énergétiques ? C’est le chaînon manquant de l’échange », observe-t-il.

​En conclusion, Mamoudou Ibra Kane formule deux appels. Le premier à l’endroit de la présidence, estimant qu’après France Médias Monde, la presse nationale attend une audience formelle. Le second s’adresse à l’ensemble des acteurs nationaux : « Il faut organiser les États généraux de l’économie, de la finance et du social. Au regard de la situation du pays, la coconstruction n’est pas une option, c’est une obligation. »

Leave A Reply

Your email address will not be published.